Avec une remarquable stabilité, depuis huit siècles, date de l'apparition des premiers noms de famille, l'usage de la transmission "au nom du père" est constant.


Déjà, les Romains avaient inventé la combinaison du nom et du prénom en prenant l'habitude d'ajouter le nom du père à celui du fils...

Les Gaulois eux préféraient le nom unique qui va se transformer peu à peu en prénom suivi d'un sobriquet. Ce sobriquet, on le retrouve dans les documents écrits du Xe siècle. C'est l'origine de nos noms de famille actuels, souvent très imagés et figés entre le XIe et le XIVe siècle en patronymes transmissibles aux descendants. En 1559, l'ordonnance de Villers-Cotterêts organise l'état civil et confirme l'immutabilité du nom de famille, tout en ignorant le prénom qui n'est autre que le nom de baptême et a donc un autre rôle, sacré celui-là. La Révolution tentera bien de revenir sur cet usage avec les lois de l'An I, laissant au citoyen la liberté de changer de patronyme, pour adopter un nom au goût du jour. Mais le goût comme les modes changeant plus vite que les habitudes, le principe de "la mère donne la vie, le père donne le nom" a traversé sans encombre tous les régimes. Et la loi du 6 fructidor an II ne fera qu'affirmer les caractères d'immutabilité, imprescriptibilité et indisponibilité du nom. Jusqu'à la prochaine loi dont le projet est actuellement examiné par le Sénat : elle devrait permettre de prendre "le nom du parent qui ne lui a pas transmis le sien". Mère, beau-père ou pourquoi pas belle-mère ? C'était déjà pas simple de faire de la généalogie !


Thomas Le Noble, web-master / Lui écrire : © Noblesse de France 2000-2003